Nos méthodes de coaching doivent-elles se réinventer ? (2) Les ressources

Souvenez-vous de notre article du 31 mai où je posais la question suivante : « Pourquoi des évènements sociétaux globaux auraient-ils une influence sur le type de questions que nous posons en coaching ? ».  Je vous invite en quelques lignes à aborder une question connexe, non plus liée aux questions mais plutôt aux champs d’ouverture.

Il y a une quinzaine d’années, s’adjoignait aux questions sur l’objectif et le sens de celui-ci, les questions liées à l’écologie pour le porteur du projet.  « Comment cet objectif va-t-il interagir avec les autres éléments de votre vie ? » « Avez-vous suffisamment de ressources internes pour rajouter ce projet/cet objectif en plus de ce que vous devez mener par ailleurs ? » … on le sait aujourd’hui, en se penchant sur les infos ou en posant des questions aux salariés en entreprise, cette question de l’écologie personnelle est très importante.

Avec l’apparition des générations Y et Z, le besoin de combiner ses différents pans de vie sans s’aliéner est devenu un élément central de la gestion de tout projet.  Il est essentiel aujourd’hui d’aider la personne à déterminer les ressources (temps, argent, énergie) dont elle dispose et comment elle va les répartir pour se sentir dans un équilibre de vie qui lui convienne.  Plus jeune est notre client, plus d’attention doit être portée à ce sujet faute de passer à côté d’éléments essentiels à l’accompagnement.

 

15 années ont passées et s’ajoutent à cet élément de l’écologie personnelle celui de l’écologie environnementale.  Bien au-delà des chiffres électoraux qui nous ont montré une plus grande préoccupation environnementale, nos clients (cadres en entreprises comme 15-25 ans) sont de plus en plus sensibles à cette question. 

Préoccupée moi-même par les questions environnementales depuis de nombreuses années, j’ai eu peur de nombreuses fois de projeter ces questions dans les coachings que je menais et de proposer à mon client des questions qui ne le concernaient guère, ou pour le moment qui ne l’intéressaient guère.  Nous aborderons certainement la question de la neutralité du coach dès la rentrée.  En attendant ce détour important, notons qu’aujourd’hui les questions écologiques sont suffisamment débattues qu’on peut être certain de ne influencer un système par ces questions (ou tout au moins de ne pas l’influencer plus que ce qu’il n’est déjà avec la couverture médiatique de ces questions).

On voit donc qu’on passe peu à peu de l’intérêt porté aux ressources personnelles aux ressources planétaires.  Ou plutôt que viennent s’ajouter aux questions d’écologie personnelle les questions d’écologie environnementale.  Ces deux champs d’exploration doivent être ajoutés à notre exploration de tout objectif, certains clients y sont sensibles au point de les nommer spontanément mais ça n’est pas le cas de tous. 

Pour tous, la recherche de l’adéquation entre la quantité de ressources disponibles et la quantité de ressources nécessaires sera donc un champ d’exploration.  Nous aurons bien entendu à notre disposition de nombreuses questions pour cette exploration.  Ouvertes, non-inductives, reprenant les mots du client et tournant notamment autour des thématiques de :

  • Ressources internes
  • Ressources externes
  • Energie
  • Contribution positive ou négative au développement durable
  • Alignement avec ce que le client veut voir dans le futur pour lui, les autres et le monde

Le coaching a toujours eu à cœur d’amener les clients à se prendre en main, se fixer des objectifs, se montrer persévérant et impliqué.  Cette nouvelle précaution les amène à se montrer soucieux des ressources (les leurs et celles des autres) et à prendre leur position de citoyen engagé.