Les 4 côtés du cadre (1) : Le cadre temporel

J’aime rappeler que le coach est gardien du cadre et qu’un cadre possède 4 côtés … Observons les différents aspects du cadre petit à petit, semaine par semaine, et commençons par le cadre temporel.

Le coach est gardien du temps.  Il va le poser, l’annoncer, le gérer stratégiquement et le respecter.

Poser le cadre temporel, c’est d’abord et avant tout réfléchir en profondeur au cadre temporel qui me convient le mieux et qui convient le mieux à mon/mes clients.  Combien de fois n’entends je pas : « Quel est habituellement la durée des séances de coaching ? » ? … Question sans intérêt s’il en est.  Quelle est la durée optimale pour moi, en tant que coach, la durée où je peux à la fois prendre mon temps pour accueillir mon client et faire avancer son objectif ?  Qu’importe que pour moi cela soit 1h30 et pour un autre coach 3h … nous aurons à nos côtés les clients auquel ce cadre temporel convient.  Poser le cadre, une fois que nous le connaissons, c’est également l’annoncer.

De nombreux professionnels indiquent la durée de leur séance sur leur site ou lors de la réunion préliminaire qui nous permet de faire connaissance.  C’est un indispensable, c’est certain, mais cette durée doit être complétée par un rappel en début de séance, voire lors de la prise de rendez-vous.  Entre notre rencontre préliminaire et la séance, de nombreuses choses se sont passées et notre client peut avoir oublié ce détail de l’accompagnement.  Mais au-delà de cet aspect « logistique » le rappel du cadre temporel permet également, tout autant consciemment qu’inconsciemment, d’impliquer le client dans sa séance.  Le cadre lui rappelle qu’il peut profiter à fond d’un accompagnent durant les x prochaines minutes … à lui de les mettre à profit.

Poser le cadre, l’annoncer, puis le rappeler … Le coach peut cadencer en douceur par ces réflexions qui tout à la fois indiquent où nous en sommes de la séance et quelle est l’attente du coach et/ou du coaché sur l’importance accordée à un point :  « Je vous propose de prendre 15 minutes pour … » ou « Notre dernier quart de séance est là » ou encore « Vous souhaitez évoquer ceci, quelle place donne-t-on à ce point précis dans notre séance ? « .  Ces rappels s’accompagnent volontiers de questions qui vont permettre au client de réellement tenir la barre de sa séance.  Ainsi, par exemple, « Que retenez-vous de cette première moitié de séance et que nous reste-t-il à explorer ? » favorise bien ce partenariat coach-client sur la stratégie à mener durant la séance.

Le troisième côté de notre cadre temporel, après le fait de le poser et de l’annoncer, va être de l’utiliser stratégiquement.  Comment savoir la place qu’il faut accorder à un élément plutôt qu’un autre ?

Enfin, fermons le cadre temporel en le respectant.  Respecter le temps, c’est respecter profondément notre client. Donner plus de temps qu’accordé initialement n’est pas respectueux, c’est une prise d’otage … le mot est peut-être un peu fort, mais l’idée est bien celle-ci.  Dépasser le temps d’une séance, c’est, tout à la fois, décrédibiliser la puissance de la séance qui vient d’être vécue (puisqu’on avait finalement besoin de plus de temps), c’est faire tanguer le cadre (et si le coach ne tient pas le cadre temporel, comment s’assurer qu’il tiendra le reste du cadre) et c’est finalement oublier que le coaching s’inscrit également dans une vraie vie que le coaché a en dehors de notre bureau. 

Avec ces quelques lignes, j’avais envie de poser les 4 côtés du cadre temporel.  A la semaine prochaine pour un autre aspect du cadre.