La connaissance de soi chez les jeunes

Les ateliers collectifs battent leur plein dans les établissements, la période étant propice à cela.  Je suis étonnée de voir la proportion importante de “Connaissance de soi” dans ces ateliers, ce qui me pousse à vous écrire ces quelques lignes.

Bien entendu, il est naturel de penser que le développement de soi passe par la connaissance de soi … penser à son orientation peut passer par la découverte de ses valeurs et de ses passions – travailler sa motivation peut passer par ses moteurs de motivation et sa mission – renforcer son estime de soi passe par ses critères de satisfaction de soi et ses talents.  Les jeunes ont un certain besoin de se découvrir pour avancer.

Oui … mais … toutefois …. la connaissance de soi chez les jeunes est délicate.  Délicate à aborder et délicat à partager.  En pleine construction identitaire, les jeunes ne sont pas toujours au clair avec leurs moteurs, passions, valeurs, critères et identité.  Imaginons combien il est délicat pour eux de partager avec autrui ces éléments qui se bousculent en permanence dans leurs têtes.  D’autant plus délicat avec un adulte, sur lequel ils peuvent projeter les attentes de la société.

L’adolescence étant la période de la remise en cause de ses parents, le jeune est tiraillé entre les valeurs de ses parents et les siennes propres qui commencent à émerger.  Il teste la loyauté aux projets que ses parents ont projeté sur lui et sur l’identité qu’ils rêvent pour lui.  Et à ce moment là, le jeune est sollicité par un coach pour parler de ces sujets et ainsi porter au monde les points de désaccord qu’il éprouve face à ses parents.

On pourrait compléter aisément cette liste des éléments qui font de la connaissance de soi chez le jeune une affaire délicate mais j’aimerais plutôt aborder les précautions à prendre. En effet, si il peut être intéressant que le jeune se connaisse, quelques éléments peuvent encadrer ce processus pour qu’il soit respectueux du jeune et favorable au travail de coaching.

  • Tout d’abord, il est important de dire, voire redire, au jeune accompagné que sa personnalité est en pleine ébullition.  Non seulement les éléments qui vont être mis en lumière ensemble sont de nature à bouger toute la vie durant, mais probablement encore plus entre 15 et 25 ans.
  • Ensuite, il est utile de bien ancrer la règle de respect et de bienveillance.  Le jeune qui sent bien qu’il sera accueilli comme il est, avec ses zones d’ombre, de lumière et de flou, bénéficiera d’un travail en profondeur à certains endroits sans se sentir enfermé dans les zones qui sont encore en construction.
  • Tout travail de connaissance de soi doit être orienté vers un but bien défini.  Il est plus simple, à 20 comme à 60 ans, de déterminer quelle valeur nous anime si on sait dans quelle sphère cette question se pose.  Faites l’expérience pour vous : si je vous demande quelles sont les 2 valeurs les plus importantes pour vous, vous serez sans doute plus en déséquilibre que si je vous demande quelles sont les deux valeurs les plus importantes dans votre vie professionnelle.
  • Dernier point et non des moindres, celui du partage.  Plus les éléments traités sont “intimes” (valeurs, critère, identité, mission …), plus il est nécessaire de protéger nos jeunes clients.  Posons des règles de partage dans le respect (“Chacun parle ou se tait – aucune réponse n’est bonne, aucune réponse n’est mauvaise …”) pour que nos clients se sentent réellement autorisés à garder pour eux ce dont ils ne sont pas encore certains ou qu’ils n’assument pas encore et puissent honorer ce qui les construit et dont ils sont fiers.

Aidons les jeunes que nous accompagnons à mieux se connaître mais avec délicatesse et respect … ceci leur permettra de pousser leur réflexion plus avant et de continuer leur développement sans que notre accompagnement ne les “fige”.

 

Cathy