Et si tout était affaire de nom

Nous sommes nombreux à souhaiter intervenir en établissement et à nous confronter à une résistance, parmi d’autres : celle de l’aura du coaching.

Le coaching, vu comme un pur produit du capitalisme ou de la société de consommation, selon la personne, est vécu de manière négative.  Un comble, presque, pour un accompagnement respectueux et visant à laisser chacun libre de créer sa vie selon ses propres aspirations.

 

Mais cette réalité est là et il nous faut faire avec.  Ou pas …

 

Lors de la journée de conférences organisée jeudi passée par PSF (la Fédération des Superviseurs Professionnels), j’ai eu la chance de rencontre Agnès Turner .  Agnès est, à côté de sa position universitaire, coach en Autriche et intervient en milieu éducatif.  Elle nous a parlé d’une intervention finement ciselée qu’elle a mené dans un établissement scolaire.  Cette intervention, accompagnant la proviseure et son équipe, visait à la transformation de la culture de l’équipe et s’est étalée sur quelques mois.  Du coaching me direz vous ? Oui, je le pense aussi.  Et Agnès nous a pourtant parlé de supervision d’équipe.  Je reste persuadée que pour décrire à d’autres coachs, d’autres professionnels de l’accompagnement ou en supervision ce type d’intervention, j’utiliserais le terme de “coaching”.  Oui mais pour convaincre quelqu’un d’adhérer au processus, est ce le bon mot ?

 

Qu’entre nous, professionnels de l’accompagnement, nous soyons scrupuleux sur le mot utilisé est une bonne chose, permettant de nous mettre d’accord et d’adresser un cadre commun à des pratiques communes.  Mais pour vendre nos prestations, peut on prendre des libertés avec les mots ?

 

La question est complexe et n’est pas neutre de conséquences :

– Comment protéger un métier qu’on n’ose pas nommer ?

– Par quel autre mot le remplacer ? Et comment ne pas dénaturer de même fait l’autre mot ?

– Comment savoir avec qui prendre cette liberté et avec qui être attentif aux mots ?

– Quels sont les indicateurs qui nous permettront de (re)venir à l’usage des termes adéquats ?

 

Plus de questions peut-être que de réponse à travers cette lettre mais j’ai l’espoir que ces questions nous pousseront tous à trouver des moyens de contourner les projections négatives d’un terme pour offrir la plus belle part du coaching au système éducatif en Europe et dans le monde.  Sans se  montrer désinvolte, prenons des libertés avec les termes pour mieux honorer la plus belle partie de notre métier : son intention et sa déontologie.