Compétence 6 : Les questions puissantes

Comment reconnaître une question puissante ? A l’effet qu’elle produit sur le client ? Outre le fait que cela n’est pas certain, c’est une réponse a posteriori, donc moyennement intéressante. A sa complexité ou sa sophistication ? A la fierté qu’en éprouve le coach? Toutes ces réponses s’intéressent au mauvais interlocuteur ! Une question puissante s’appuie sur ce que le client a déjà partagé et propulse vers ce que le client n’a pas encore dit, voire idéalement vers ce qu’il n’a pas encore découvert.

Mais encore ? Les questions s’adapteront à l’énergie de la séquence qui se vit. Les séquences d’exploration et de découverte seront émaillées de questions ouvertes. Elles seront toujours portées par le vocabulaire et le ton du client. En début de coaching, comme par la suite à chaque moment qui redemande de faire alliance, le coach questionnera la batterie (tête, cœur ou corps) préférée du client. Quand l’alliance est bien installée, le coach explorera les champs les moins habituels pour son client afin de l’aider à ouvrir sa connaissance et sa compréhension de son objectif, de lui-même et du contexte dans lequel tout cela s’inscrit.

Les séquences de décision ou de clôture alternent avec les séquences d’exploration. Celles-ci demandent une énergie plus élevée et des questions fermées voire des injonctions. Celles-ci semblent moins intéressantes et moins puissantes en soi mais elles sont plus que nécessaire pour que l’exploration s’ancre dans le réel et que la réflexion soit suivie de décisions puis d’actions. Le coaching vise à la profondeur de la réflexion (soutenue par des questions ouvertes) mais au service d’une mise en action (favorisée par des questions fermées).

Souvent on rajoute à ces caractéristiques des questions du coach que celles-ci doivent être orientées vers le futur. J’aimerais m’arrêter quelques instants sur cette notion qui, bien que profondément vraie, est parfois prise trop à la lettre par certains coachs, souvent juniors. Dans leur excelllent ouvrage « ExpandingHorizons », Carole Bennett et Michelle Payne proposent de réfléchir à l’objet des questions en ces termes :« Asks questions that move thé client toward what they desire, not questions that ask the client to justify or look backwards ». Il ne s’agit donc pas tant de savoir si on questionne le passé, le présent ou le futur mais plutôt dans quelle intention on le fait.

Comme il serait dommage, en se privant de questions sur le passé, de passer à côté

  • des réussites antérieures sur lesquelles le client peut s’appuyer;
  • Des apprentissages du passé que le client peut utiliser pour aller plus vite ou plus loin cette fois;
  • Des chemins non suivis qui laissent un vide chez le client et qu’il pourrait vouloir explorer à nouveau.

Pourvu que tout ceci soit fait en lien direct avec l’objectif du client et que le lien soit explicite, toute question est bonne à prendre. Qu’un « Qui étiez-vous au collège? » n’a que peu de sens est évident. Mais pourquoi se priver de « Que saviez-vous faire à 12 ans qui vous servirait dans ce projet ? »On dit parfois que le coach est un expert du questionnement.

Au vu de ces quelques lignes, j’aime à penser que nous sommes des experts d’une grande variété de question.