Compétence 5 : Ecoute active

Cette compétence de l’écoute active est si essentielle dans notre métier que nous la mettons souvent en avant … nous écoutons et posons des questions .. voilà tout. Et pour autant, celui qui a déjà été écouté – vraiment – en profondeur, sait que c’est un moment magique qu’il n’est pas si fréquent de rencontrer.

L’écoute du coach est une écoute globale, une écoute d’exploration. Nous écoutons les mots du client, mais également ses silences, les mots qu’il ne dit pas …

Nous écoutons son esprit (quand il parle) mais également son corps (ses gestes, sa respiration, sa posture), ses émotions (dites et surtout vécues), son niveau d’énergie.

Nous pouvons explorer les différents domaines de vie (“Cette procrastination dont tu me parles se limite à ta vie professionnelle ? “) et sa zone aveugle (“Que me dirais votre plus proche collègue à ce sujet ?”) ou cachée (“Quelle information cachée habituellement doit être explorée par rapport à ton sujet ?). Cette large écoute se fait tout à la fois dans une séance mais également de manière cumulative entre les séances pour que notre client soit écouté sur l’ensemble de son chemin et dans l’ensemble des états d’esprit avec lesquels il peut arriver en séance de coaching.


Mais si nous restons au niveau du problème, si nous suivons strictement l’agenda du client, son niveau de conscience et de parole, nous lui apportons peu. Si le client en est d’accord (et nous en donne explicitement le droit) nous pouvons écouter plus en profondeur. Qu’est-ce que le client croit vrai pour dire ce qu’il dit ? Quels sont les présupposés à sa phrase, quel est l’origine de la situation qu’il décrit comme un problème ? Quelles sont les valeurs qu’il nourrit en posant ses actes et les peurs qui le freinent ? Quelles sont les convictions qu’il prend pour une réalité et pouvons nous les explorer pour voir si elles tiennent (toujours) la route ? Quels sont les invariables qu’il voit dans sa vie et qui pourraient varier ?


Cette écoute n’a d’intérêt que si le coach en fait quelque chose. Si il/elle pose des questions (compétence 6) ou propose des options, hypothèses, regards (compétence 7) en lien avec cette écoute. Et elle n’est acceptable que si elle est bordée par un cadre bien défini, un mandat co-construit et une déontologie affirmée.

Cette écoute active est celle d’un coach, globalement orientée vers l’action. Est-ce à dire qu’un certain temps d’écoute simple est autorisé et que très vite le coach doit poser des questions et tenter de “reprendre la main” pour que le client ne “s’épanche pas trop” ? C’est en tout cas la pratique qu’ont certains coachs, surtout débutants, qui ont peur de voir l’écoute s’assimiler à de la thérapie.

Si la compétence de l’écoute fonde la relation entre le coach et le coaché, c’est qu’elle doit prendre sa place dans cette relation. Elle doit y prendre juste sa place mais toute sa place. Dans la co-construction d’un agenda de séance, si le fait de (se) raconter semble le plus pertinent au client pour avancer sur son chemin, de quel droit ne lui laisserions nous pas cet espace précieux qu’est notre relation pour satisfaire ce besoin? Laissons nos clients parler si c’est le meilleur moyen pour eux, et osons les couper quand c’est autre chose qui les fera avancer. Et faisons (nous) confiance pour qu’à la séance suivante, nos questions et hypothèses pourront s’appuyer sur ce partage.

D’ici la semaine prochaine, pour une nouvelle compétence, écoutons … nous-même, les autres et le monde.