Compétence 4 : Présence du coach

Cette quatrième compétence, incluse dans la catégorie “Co-créer la relation avec le client” est libellée de la manière suivante :

Être à l’écoute et créer une relation spontanée avec le client par une communication ouverte, souple et rassurante“. Cette quatrième compétence, dernière des compétences liées aux bases de la relation, m’a toujours interpellée.  En tout cas, elle m’a interpellée jusqu’à ce que je m’y plonge en tant que superviseur.  Cette compétence demande au coach une relation souple, ouverte et rassurante.  Ceci peut apparaître, au premier abord, une compétence très technique, tournée vers l’autre et qui s’apprend dans l’échange.  Chaque coach a appris dans sa formation aux bases de la posture à se synchroniser avec son interlocuteur, à utiliser des mots positifs et rassurants, voire même à se synchroniser non-verbalement pour « faire alliance ».  Tout cela fait partie de cette compétence et, si on rajoute l’humour (bel outil de coaching pour aborder les sujets plus délicats ou apaiser les tensions), on peut se dire qu’on a balayé une bonne partie de la compétence.   Oui … en surface … et seulement en surface.  En jeune coach débutante, je trouvais la « recette » trop facile.  S’il suffisait de se synchroniser et d’utiliser des mots positifs pour faire naître une relation souple et de qualité, pourquoi l’humanité ne le faisait pas aussi facilement que respirer ou marcher ?

Si on se penche sur les sous-compétences de cet item, on note des aspects bien plus intimes et personnels, qui peuvent expliquer la difficulté de l’application des éléments techniques.  Pour pouvoir « danser avec le moment » dans sa relation avec son client, son groupe ou/et le commanditaire du coaching, le coach doit travailler son « être » bien plus encore que son « savoir-faire ».  Vous souvenez-vous de cette publicité pour un yaourt dans les années 80 : « Tout le bien qu’il fait à l’intérêt se voit à l’extérieur » … C’est le même effet intérieur-extérieur qui est en jeu dans cette compétence de la relation souple et rassurante.

Tout l’art va être de trouver plusieurs manières de travailler un point avec son client et de choisir dans le moment la meilleure combinaison entre puissance et capacité d’accueil du client.  Comment ? Par l’intuition ! Cela semble facile jusqu’à ce que l’on soit confronté à la situation … Pour acquérir la fluidité nécessaire à ce jeu d’équilibriste, le coach doit être en capacité :

  • De faire confiance à son intuition
  • De faire confiance à sa technique
  • De se sentir en capacité d’accueillir n’importe quelle réponse du client
  • De se sentir en capacité d’accueillir n’importe quelle émotion (chez son client ou chez lui-même)
  • De se sentir déconsidéré par son client sans perdre l’alignement et la confiance qu’il a en lui-même

Simple non ? 😉

Une fois acquis les techniques de communication, le coach va donc devoir travailler sur lui (presque inlassablement), pour atteindre l’équilibre juste qui fera de lui un professionnel sûr de lui sans prétention, confiant en sa pratique sachant se remettre en cause, intuitif et en pleine écoute de ce que l’autre lui transmets, à l’écoute de ses émotions et à l’écoute de l’émotion de son client, la puissance en osant son impuissance, la puissance sans tomber dans la toute-puissance … cet équilibre fait de nous des équilibristes. Cette quatrième et dernière compétence relationnelle fait de notre métier de coach bien plus qu’un simple entraîneur à la performance et nous permet, si elle est pleinement incarnée, d’emmener nos clients tout autant en profondeur que vers l’action, de tranquillement marcher à ses côtés, en le soutenant sans l’aider, en le devançant sans lui montrer le chemin.