Compétence 3 : Etre capable de nouer une relation basée sur la confiance et le respect

La troisième compétence « Être capable de nouer une relation basée sur la confiance et le respect » ouvre le bal des compétences relationnelles. Comme son titre l’indique, en français comme en anglais, elle demande au coach d’établir une relation authentique et solide sur laquelle le client pourra se reposer

Une relation basée sur la confiance réciproque. Ceci implique donc que le coach fasse confiance à son client : confiance dans la relation, confiance dans ses compétences, confiance dans ce qu’il partage. Cela implique également que le coach est digne de confiance, à la fois dans ce qu’on peut relier aux questions d’éthique et de déontologie mais également dans la profondeur de la relation qu’il accepte de nouer avec son client.


Sur la seconde partie de la compétence, les versions françaises et divergent.  La version française fait apparaître à côté de la confiance, le respect.  Ceci constitue indéniablement une très jolie valeur relationnelle mais elle me semble suffisamment sous-jacente à la confiance pour qu’elle soit sous-entendue. La version anglaise ose, selon moi, se montrer plus exigeante face aux deux protagonistes de la relation de coaching puisqu’elle demande au coach d’être en capacité d’établir avec son client de l’intimité (intimacy).

Avec ce mot, le coaching entre selon moi dans une sphère bien moins froide que ce que le grand public a tendance à montrer du coaching (ou de ce qu’elle considère comme tel).  Entrer en intimité avec son client, c’est oser montrer sa propre fragilité pour lui donner la permission d’explorer la sienne.  Entrer en intimité, c’est parler authentiquement, non seulement à travers le choix de ses questions mais également à travers sa capacité à tout entendre comme réponse.  Entrer en intimité, c’est oser explorer avec notre client toutes les sphères de tous ses problèmes.  Cette dernière réflexion me rappelle combien, pour certains coachs, il est aisé de parler de “problèmes qui relèvent du coaching” et “de problèmes qui relèvent de la thérapie”.

Si j’entre en intimité, avec confiance et respect, avec mon client, comment certains sujets pourraient-ils être rejetés de nos séances ?

Cela veut-il dire qu’on aborde tout en coaching ? Cela est il sous-tendu par un sentiment de toute puissance qui pousserait le coach dans la pire imposture ? Pas du tout, il est juste question d’angle de vue. La question du lieu d’accompagnement n’est pas liée au sujet en tant que tel mais à la manière dont le coaché (et le coach) sont capables d’aborder ce sujet. Si le sujet (quel qu’il soit) est teinté de “pathos” et que le client veut le traiter sous l’angle de la compréhension ou de l’origine, le lieu est celui de la thérapie. Si le sujet invite le coaché à vouloir faire différemment, à chercher le “comment autrement” et à aller de l’avant, le lieu est bien celui du coaching. La troisième compétence est donc exigeante, elle nous demande d’offrir à notre client ce qu’il y a de plus profond en nous-même pour que celui-ci s’autorise à aller creuser aussi intimement chez lui-même. On comprend mieux pourquoi les compétences de l’éthique et du contrat sont posés avant celle-ci, afin qu’elles puissent garantir les protections et poser les permissions qui nous permettent, coach comme client, de danser autour, avec et grâce à cette troisième compétence.